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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 16:38

Corse 2014 068

 

"Ca va".

 

Deux petits mots qui veulent tout et ne rien dire . Deux petits mots que nous avons répété un certain nombre de fois ces derniers jours.

 

"Ca va". Deux petits mots souvent prononcés en réponse à une question qui n'en est pas vraiment une.

 

"Ca va". Deux petits mots choisis par pudeur, pour ne pas embarasser l'autre.

 

"Ca va". Deux petits mots pour dire que la vie continue mais qu'elle devra trouver un autre chemin.

 

"Ca va". Deux petits mots articulés rapidement pour pouvoir passer à autre chose.

 

"Ca va". Deux petits mots qui n'expriment pas l'absence de peine. Deux petits mots qui ne veulent pas dire que nos coeurs sont de marbre, notre peau de cuir et notre esprit de fer.

 

"Ca va". Deux petits mots faciles à dire quand la tristesse est encore là et qu'elle est difficilement exprimable autrement qu'en sanglots.


"Ca va". Deux petits mots en forme de timide appel du pied, pour dire qu'on a encore un peu mal, que l'on lèche encore ses plaies.


"Ca va". Deux petits mots pour dire qu'on a encore besoin d'un peu de temps. Que oui ça ira mais que pour l'instant "ça va".

 

"Ca va". Deux petits mots qui peuvent faire beaucoup de mal s'ils ne sont pas pris dans leur contexte.

 

"Ca va". Deux petits mots un peu égoïstes qui veulent dire "s'il vous plaît respectez notre peine. Ni en la prenant en pitié, ni en la niant mais s'il vous plaît prenez là en compte".

 

***

 

Quand j'ai ouvert ce blog, je voulais le remplir de couleurs, d'amour et de petits bonheurs.

 

Ces deux dernières années c'est devenu plus dur. Pas parce que je ne suis pas heureuse, non, mais parce que depuis deux ans (même peut-être depuis beaucoup plus longtemps) je porte une pieuvre dans mon ventre.

Oui, une pieuvre. Je vous rassure tout de suite je n'ai pas encore basculé dans la folie. "La Pieuvre" c'est comme ça que j'ai affectueusement nommé l'endométriose dont je souffre; une maladie dont j'aimerai beaucoup parler ici un jour quand j'aurai le recul nécessaire.

Le fait que cette pieuvre loge dans mon ventre a deux conséquences majeures dans ma vie.

La première c'est qu'elle me fait parfois extrêmement souffrir physiquement parlant.


La seconde, c'est qu'elle m'empêche de porter l'enfant de l'homme que j'aime.

 

En gros, la Pieuvre c'est un gros boulet qui me pompe mon énergie depuis près de deux ans puisqu'elle m'oblige notamment à troquer des jours de vacances contre des jours d'arrêt maladie et me rappelle régulièrement sa présence de manière très mesquine (il faut dire que ses tentacules sont sacrément épineuses).

 

Résultat: fatigue+moins de jours de vacances = moins de voyage + grosse flemme de trimbaler avec moi mon appareil = beaucoup moins de photos ici

 

Et Résultat bis: maladie + infertilité (je déteste ce mot mais appelons un chat un chat) = quelques coups durs à encaisser à intervalles réguliers = besoin viscéral d'écrire pour purger au choix sa douleur, sa peine ou sa colère

Du coup le ton du blog a un peu changé ces derniers temps. Ca me désole un peu parce que prendre des photos même si elles sont prises avec beaucoup d'amateurisme me manque beaucoup et aussi parce qu'à lire ce blog on pourrait croire que je suis quelqu'un de terriblement triste, ce qui a eu des répercussions IRL ("in real life" pour les plus de 30 ans ;-)) (ce qui peut paraître invraisemblable eu égard à l'audience de ce blog).


Or, triste si je le suis un peu aujourd'hui pour des raisons qui me semble t'il sont compréhensibles, je ne le suis pas en général dans ma vie.

Parfois, il arrive que l'on doive mener des combats dans sa vie, combats qui parfois se perdent et donnent du chagrin.

 

Pour autant, la vie peut être belle en parallèle et être emplie de beaucoup d'amour et de rires.

La vie c'est un tout. Je sais, je sais c'est hyper profond ce que je raconte et je me perds moi-même un peu.

Pourquoi dis-je cela? Et bien parce que depuis la découverte de la Pieuvre je fais face à deux types de réaction totalement antagonistes dans mon entourage (à l'exception d'une minorité de personnes):

Il y a ceux qui passent totalement mes problèmes sous silence. Ce silence me cause beaucoup de chagrin pour des raisons que je ne saurais pas tout à fait expliquer.

Et il y a ceux qui ne me parlent que de ça (mais vraiment que de ça) me renvoyant ainsi systématiquement à la figure le seul truc qui aille vraiment mal dans ma vie (parfois avec une certaine condescendance) ce qui au mieux gâche un moment de détente, au pire me plombe encore plus.

 

Ce que je voulais donc dire ici, c'est que ma vie est un tout. Un tout parce que j'ai eu beaucoup de chance dans bien des aspects de ma vie mais que comme tout le monde mon bonheur n'est pas parfait. Un tout parce que oui j'arrive parfois à être forte mais que la plupart du temps je suis aussi fragile. Un tout parce que si je ne dis pas "aïe" ou "ouch" à haute voix, j'ai parfois très mal (physiquement parlant j'entends) et que quand on mal, on redevient un enfant de 5 ans qui a besoin que l'on le prenne dans ses bras.

 

Et parce que je suis ce tout et même si certaines personnes connaissent des malheurs bien plus grands, je ne souhaite pas que l'une ou l'autre des faces de ma vie soit niée. Je ne cherche ni les flatteries ni la pitié. Juste comme tout le monde de la bienveillance et de la compassion.

 

Je dis que je "cherche" mais en fait pas vraiment parce que je n'attends rien du tout de ce que j'écris là.

J'étais en colère aujourd'hui, je ressentais un ras le bol général. J'avais besoin d'écrire, besoin que les choses soient dites.

 

Un jour peut-être j'arriverai à écrire un beau texte nuancé et digne sur ce que nous vivons et comment nous le ressentons. 

En voici tout simplement un brouillon à prendre pour ce qu'il est.

 

 


 

 


 

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Published by Touteslescouleursdumonde
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